Larrabetzu : la restauration des enfants dans les collectivités au centre de la table

Posted on 2011/09/17 by

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17/09/2011 Le Journal du Pays Basque

Goizeder TABERNA

Nos enfants nous accuseront-ils ? Le titre du documentaire de Jean-Paul Jaud (Nos enfants nous accuseront) se confirmera peut-être un jour ; en attendant, des parents d’élèves tentent de changer le cours des choses. Du moins à leur niveau. Dans la petite commune bizkaitar de Larrabetzu, un groupe s’est formé pour organiser les Journées sur l’alimentation et l’école. Il est formé de parents d’élèves, du syndicat paysan Ehne Bizkaia et d’Euskal Herriak Bere Eskola. L’initiative a débuté hier et se terminera aujourd’hui, samedi.

Rassembler les parents d’élèves, le monde de l’éducation et les paysans autour de la question de la restauration collective, tel est l’objectif de cette initiative. Soucieux de servir de la qualité à leurs enfants, les parents d’élèves souhaitent aussi leur transmettre des connaissances tout en soutenant le commerce et l’économie de proximité. A l’issue de ces rencontres, un réseau pourrait voir le jour dont le but serait de travailler avec l’ensemble des personnes concernées par la restauration des tout petits.

Une agriculture de proximité

Cette réflexion avait particulièrement été ravivée il y a trois ans, par la décision du gouvernement de Gasteiz de fournir en repas les cantines scolaires par des sociétés de restauration collective. Refusant l’application de ce décret, les parents de l’ikastola de Larrabetzu ont maintenu la gestion de leur cantine, bien que cela suppose la perte des subventions.

Aujourd’hui, ils continuent à travailler avec les paysans, les commerçants et les boulangers de ce village de 2000 habitants. “Etant les seuls à avoir mis en place ce système, nous avons attiré l’attention de nombreuses associations de parents d’élèves”, explique Patxi Gaztelumendi, l’un des organisateurs. D’où l’idée d’organiser ces rencontres.

Souveraineté alimentaire, agriculture durable, gestion des cantines… Les thèmes seront nombreux dans ces rencontres. L’association située à Saint-Palais, Biharko Lurra Elkartea (Ble) devrait y apporter sa contribution. Les organisateurs observent avec intérêt l’expérience des repas “bio” menée au lycée de Navarre de Saint-Jean-Pied-de-Port.

“Pour que ça soit vraiment du bio, il faut que les aliments soient issus d’une agriculture de proximité”, fait remarquer Arantza Arrien, intervenante du syndicat Ehne Bizkaia lors de ses rencontres. Elle reconnaît que le débat est complexe : “Nous sommes beaucoup d’intervenants dans ce débat et chacun d’entre nous a ses exigences. La santé, la qualité, la proximité, les traditions, l’aspect économique… Nous devons parler de tout cela, et ensuite définir le système que nous souhaitons”.

En revanche, la syndicaliste met en garde contre la logique ambiante qui “met dans le même sac la nutrition, la surveillance des enfants et la propreté. Les trois domaines font partie de la même enveloppe” au Pays Basque Sud.

Le maintien des paysans, de l’agriculture durable et de qualité passe par la restauration collective, selon Arantza Arrien : “L’agriculture peut créer de l’emploi si elle sert à nourrir son territoire”. Et le système actuel ne va pas dans ce sens. Pourtant, le décret du gouvernement de Gasteiz était passé sans contestation. Aujourd’hui, de plus en plus de parents semblent prendre conscience du problème dans sa globalité.